20 février 2007
Titre I du "Contre-Pacte Présidentiel"
Titre I : "Présidente de la confiance retrouvée"
Quelle est la différence entre des réformes structurelles et des politiques macro économique?
La différence est simple en réalité : plutôt que d'agir via les instruments de l’état dans la sphère civile, Madame Royal compte imposer systématiquement ses réformes par voie législative. Madame Royal déclare être obligée d’employer la voie législative car la dette l‘empêche de mener une politique de relance macro économique, or on sait déjà que Madame Royal va proposer des mesures de types keynésiennes.
Madame Royal se pose trois impératifs dans ce titre préalable :
1) L’emploi de la voie législative comme moyen d’action privilégié
2) Respect des finances de l’état (financement et gestion)
3) Décongestion de l'économie
Ces 3 impératifs sont contradictoires entre eux :
-Comment va t on décongestionner l’économie sans recours à une politique macro-économique?
-Comment va-t-on rétablir les finances de l’état si cette première question ne trouve pas de réponse?
Le retour de la confiance dans l'entreprise et aussi dans la recherche, mais plus largement dans toute la société, passe selon Madame Royal par la stimulation des entreprises et le soutien des petites et moyennes entreprises (PME), le retour de l’investissement, le développement de la recherche, la formation professionnelle contre la sous qualification et une dépense publique plus efficace. Cette confiance une fois rétablie doit permettre une politique de développement durable, la maîtrise de la dette publique, la maîtrise de la mondialisation, le partage des richesses et donc la réconciliation des français avec les entreprises et l'Etat.
Que les français reprennent confiance dans leur entreprise soit. Mais comment cette confiance qui est un lien entre les français et leurs institutions peut-elle parvenir à "maîtriser" la mondialisation, à "sauver l'environnement" et à juguler la dette?
Pour cela, la candidate met en avant 6 propositions en vue de retrouver cette confiance :
1-Investir dans la recherche.
Investir dans la recherche est une intention plus qu'honorable, c'est un impératif à la survie de notre économie. Les objectifs qu'elle se pose sont louables mais inadaptés et insuffisants. D'après le quotidien « Le monde » du 14 février 2007, le coût du projet de Madame Royale en matière de recherche est de 7 milliards d'euros sur cinq ans, celui de Monsieur Sarkozy s'estime autour de 10 milliards. La recherche étant fondamentale on ne s'étonnera pas du montant important de ces chiffres. Aussi nous sommes forcés de constater que l'effort de Monsieur Sarkozy est plus conséquent que celui de Madame Royal.
Outre l’insuffisance de ce projet en termes matériels, il apparaît inadapté et donc inefficace dans sa structure même. En effet, alors qu'il s'agit de rétablir la confiance où est le partenariat avec les entreprises afin de financer la recherche? Il suffit d'observer la manière dont l'administration Clinton a géré sa politique de recherche dans les années 90 pour se rendre compte de l'efficacité des principes de la croissance endogène, soit celle issue de la recherche co-financée par le secteur privé. Aussi, plutôt que de permettre de soulager l'effort public pour la recherche tout en ouvrant cette dernière à des fonds plus important par un financement de la recherche pure par les entreprises, Madame Royal préfère une simple réorganisation de l'assiette des aides aux entreprises afin d'améliorer la recherche appliquée (celle menée au sein des entreprises). Cela a deux conséquences. Premièrement la réorganisation de l’assiette des aides aux entreprises au profit de la recherche revient statistiquement à baisser les aides relatives aux autres domaines concernés. Dans un second temps, cela revient à cloisonner les différents modes de financement de la recherche en France. L'Etat en devient le seul intervenant, où est la confiance?
2-La politique industrielle doit préparer l'avenir et réduire le risque de délocalisation via la création d'une agence nationale de réindustrialisation.
Cette proposition s'avère aussi faible que vague. Qu'est ce qu'une politique industrielle qui ne s'inscrit pas dans un plan macro-économique global? On ne peut agir profondément sur le secteur secondaire en France par la seule voie d'une reforme structurelle soit modifier le droit relatif aux entreprises. Elles peuvent avoir des droits plus larges, si leurs coûts sont trop élevés, elles n'auront pas de débouchés, et donc pas de clients. Là où il faudrait investir massivement dans le secteur public pour relancer l'industrie, elle propose la création d'une agence de réindustrialisation ; or on ne connaît ni ses attributions, ni ses moyens d'action, ni son organisation et encore moins son plan de réindustrialisation. Dès lors nous avons peu de chances de retenir les entreprises.
Enfin, il conviendrait de ne pas confondre délocalisation et réindustrialisation. Le fond de la question industrielle est une affaire de coûts de production : si les coûts sont trop élevés, on ne peut reprocher à une entreprise de vouloir faire baisser ses coûts de productions pour rester compétitive. Cela nous renvoie donc fatalement à la première question, a savoir qu'est ce qu'une politique industrielle ne s'inscrivant pas dans un plan macro-économique global?
L'outil de l'agence, s'il existe et s'il est efficace, s'avère inadapté. Il ne prend pas en compte la possibilité pour l'Etat d’offrir des chantiers aux entreprises ou régions industrielles en difficultés; de même, l'agence ne permettra pas aux entreprises de baisser leurs coûts de productions qui sont liés, rappelons-le, aux niveau des charges et au coût du travail sans oublier le taux d'intérêt.
En outre cette agence, puisqu elle traite de la question de la réindustrialisation ne saura cibler ses actions en fonctions des industries concernées. En effet, il y a un gouffre conséquent entre le fait d'offrir des débouchés à la production de puces électroniques et le maintien de la production de « charentaises » dans les Deux-Sèvres par la distribution gratuite aux lycéens desdites pantoufles...
3-Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leurréservant une part dans les marchés publics
Il s'agit ici de soutenir les PME. Elles représentent plus de 80% du tissu économique du pays, il est fondamental de les soutenir. Or, plutôt que de chercher à décongestionner ces entreprises par une baisse des charges et une flexibilisation du droit du travail, la candidate propose, afin de soutenir le gros corps de notre économie, de faciliter leur participation aux marchés publics. Où est la confiance?
Il s'agit là d'un soutien aussi limité qu'artificiel. Les marchés publics dans leur totalité ne sauraient suffire au soutien de l'activité économique de la quasi totalité des entreprises du pays. On ne recrée pas d'activité économique, on la met en scène de la même manière que la croissance espagnole reste maintenue par les travaux publics. (On rappellera au passage que Madame Royale s'est engagée sur l'efficacité de la dépense publique.) Une telle participation des entreprises existe déjà, une telle agence est inutile puisqu'il suffit aux collectivités locales de publier des appels d'offres publiques à destination des PME de leur région.
4-Donner la priorité à l’investissement des entreprises avec un taux d’impôt sur les sociétés plus bas si le bénéfice est réinvesti et plus haut s’il est distribué aux actionnaires.
Afin de promouvoir l’investissement, qui, rappelons le, est fondamental a la croissance de l’économie, Madame Royal propose de baisser ou d’augmenter le taux d’imposition des sociétés selon l’empli fait par ces dernières de leurs bénéfices. Le taux baisse si les entreprises investissent, il augmente si les entreprises rémunèrent leurs actionnaires.
Il convient de rappeler premièrement que l’investissement n’est pas un préalable au retour de la confiance mais la conséquence de cette dernière. Sans confiance des entreprises dans la conjoncture c'est-à-dire dans la demande anticipée et dans le niveau des taux d’intérêts, il n’y a pas d’investissements.
Cette proposition vient directement stigmatiser les grandes entreprises, on ne peut que s’étonner d’ailleurs de l’amalgame réalisé entre les grandes entreprises et les PME puisqu’en effet, jusqu'à preuve du contraire, toutes les entreprises ne financent pas leur capital par l’actionnariat. Aussi, pourquoi sanctionner les entreprises qui distribuent des dividendes ? Il s’agit en effet de la juste rémunération de leur capital qui n’existerait pas sans l’appui des actionnaires. Les dividendes ne sont donc pas un obstacle à l’investissement mais une condition de confiance dans sa réalisation. Quel est l’actionnaire potentiel qui prendra le risque d’investir s’il n’est pas garanti en retour d’être rémunéré à la hauteur de son investissement ?
Cette proposition tient donc plus du dirigisme fiscal que de l’incitation à l’investissement tant elle s’attaque aux entreprises en montant les opinions contre une image galvaudée, celle du « grand capital » honni.
5-La sécurisation du parcours des jeunes créateurs
Cette proposition est vague. Le lecteur fait face à un catalogue d’action ne permettant pas la définition d’un plan d’action précis. Comment avoir confiance dans un cadre que l’on ne connaît pas ?
De quel type de simplifications s’agit il ? Simplifications administratives ? Fiscales ? Dans quel délai ? Une seule certitude, le cible : les jeunes créateurs. Faut il y voir là un délit de « jeunisme » ? Jusqu’à quel age peut on créer une entreprise avec l’appui de l’Etat ?
Qu’en est-il des « ateliers de créations » ? Aucune définition tant sur l’intention que sur la structure et l’organisation. On peut objecter la même critique à l’égard de la question de la protection sociale des entrepreneurs. Elle en souligne l’importance sans préciser les reformes qu’elles compte réaliser. De la même manière, le « mécanisme de cautionnement mutuel » semble tout aussi obscur que celui qui fait fonctionner ma télévision.
6-Réformer l’Etat
Qu’est ce qu’une « décentralisation aboutie » ? Faut-il voir derrière cette formule le transfert aux régions de certaines prérogatives de l’Etat central ? Où plutôt une superposition entre l’administration nationale et les administrations régionales ? Dans ce cas de figure, l’euro dépensé ne sera pas forcément un euro utile. Bien que très confiante dans l’administration, n’oublions pas que la candidate s’est engagée sur la dette (Peut-être faut-il rappeler ici que les enseignants ont manifestés en 2003 contre la décentralisation de l’enseignement.).
L’amélioration du service public via l’emploi de l’informatique et de l’Internet est une proposition rhétorique, cela s’inscrit dans l’évolution même des différents services de l’état. Il y aurait autant de mérite à pronostiquer la possibilité d’un jour de pluie sur toute la durée du mois de mars.
Il semblerait ainsi en conclusion de ce premier titre que la candidate socialiste ait une définition bien particulière de l’idée de confiance. En effet, l’outil de la réforme structurelle est inadapté du fait même que l’on n’instaure pas la confiance par décret. De la même manière, on ne rétablit pas la confiance en dressant les salariés contre une image erronée du monde de l’entreprise et en proposant un catalogue irréalisable de mesures isolées ne s’inscrivant pas dans un plan d’ensemble. Mais puisqu’il s’agit des remontées des débats et que le peuple a toujours raison…
Commentaires
jeu anto sego
un petit jeu anti sego....
http://www.caricatool.com/tak.php?id=8
:-)
BRAVO pour le blog et rendez-vous le 6 mai 2007 pour fêter la victoire de notre futur Président de la République Nicolas SARKOZY !
Amicalement ;
Louis
Au sujet de la fiscalité spécial sur les entreprises qui redistribuent aux actionnaires sans investire.
Je cite : "Quel est l’actionnaire potentiel qui prendra le risque d’investir s’il n’est pas garanti en retour d’être rémunéré à la hauteur de son investissement ?"
lorsque l'on examine les fait, on se rend compte que les gros actionnaire n'investissent que s'ils ont un retour de 15% annuel sur l'investissement... vous trouvez ca normal?
Moi pas, c'est pourquoi je pense qu'une telle mesure est juste. Il est annormal que les salariés ne jouissent pas du fruit de leur travail et que cella soit les actionnaires qui s'accaparent les profits au seul motif que "ce sont eux qui ont investit..." ce qui revient à dire "parceque ce sont eux les plus riche, ils doivent avoir plus"... pathétique libéralisme...
Réponse à Voodoo
En dépit de la légitimité de votre remarque il semblerait que vous fassiez certains amalgames, voire certains raccourcis au sujet de la structure de l'actionnariat.
En effet, tous les actionnaires ne sont pas des "gros actionnaires", et tous n'imposent pas 15% de retour annuel, c'est impossible! Le chiffre de 15% ne concerne que certaines firmes internationales et cela sur une période de 5 ans, on est loin, trés loin de la réalité de l'investissement boursier du pays.
Néamoins rien n'empeche les employés d'investir dans le capital de leur entreprise, encore faut il les y inciter encore qu'etant salariés et etant rémunéres ils touchent déja a fruit de leur travail...
L'equipe du Flas
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