Le FLAS

Exposé du "Contre-Pacte présidentiel", Pour une France qui bouge !

27 mars 2007

Titre III du "Contre-Pacte Présidentiel"

Titre III : Présidente de la réussite éducative et culturelle

         

         On s’accordera avec le PS quant au diagnostic de la situation du système scolaire. L’école ne dispose plus de son « aura », n’étant plus respectée car plus considérée comme un moyen d’intégration et encore moins d’ascension sociale. On ne peut donc plus s’étonner de la difficulté existante a inculquer les règles et autres normes fondamentales de notre société.

         Le PS pointe tous les acteurs du doigt, autant les enseignants dont la formation sont à revoir que les parents qui ne s’associent pas assez au travail de leurs enfants. La structure même du système est mise en cause tant au niveau de la question de la carte scolaire que des ZEP.

         Il est absolument scandaleux de penser que 150 000 élèves puissent sortir de l’école sans qualification. Tout le monde s’accorde sur ce diagnostic mais on ne peut qu’être révulsé de lire que « le temps de la réforme est arrivé » lorsque le PS a animé durant tout le mandat du gouvernement et notamment entre 2003 et 2005 la résistance contre les réformes de François Fillon. Lire que « l’école doit revenir sur ses fondamentaux » n’est pas sans rappeler le « socle commun » proposé par le gouvernement. Le constat est simple, soit il y a plagiat, soit il y a hypocrisie, peut-être un peu des deux au final…

         « L’école doit tenir la promesse d’égalité scolaire », mais qu’est ce que l’égalité scolaire ? Notre république est fondée sur la méritocratie et non sur l’égalitarisme. Si il faut veiller à la constante promotion de l’égalité des chances, on ne saurait accepter de voir l’école « niveler par le moyen » l’avenir du pays sous le couvert du politiquement correct. Nous ne sommes pas tous égaux face au savoir mais il existe plusieurs formes de savoirs. Qu’il s’agisse d’activité intellectuelle ou manuelle chacun doit pouvoir trouver sa juste place dans la société.

Reconnaître la mission fondamentale des enseignants

         

         22- Des Etats généraux de l’éducation sur le mode participatif

         Il s’agit là d’une conférence visant a la négociation des conditions de travail et de recrutement des professeurs le tout sur le mode participatif. C’est donc sous le couvert de la démocratie que madame Royal compte laisser la réforme du statut de l’enseignant aux enseignants eux-mêmes. Bien qu’ils pourront discuter de leur retraite et de l’augmentation de leur salaire, en quoi cela peut il permettre de restaurer leur autorité dans la salle de classe, en quoi vont-ils être plus efficace ? Le mode participatif s’avère donc bien commode pour masquer le manque d’idée derrière la démocratie, c’est la méthode qui a aboutit à la rédaction de ce pacte. Il s’agit donc d’une déclaration d’intention à l’attention du corps enseignant sans réel objectif de réforme. Cette proposition fonctionne sur le mode du « Je parle un peu de vous, on va essayer de faire un truc démocratique pour réformer, mais on verra les modalités après l’élection », comme si le diable ne se cachait pas dans les détails…

Si la candidate reconnaît la mission fondamentale des enseignants dans l’aboutissement de sa campagne, on peut douter de la pertinence de cette proposition quant à l’objectif déclaré.

S’attaquer à l’échec scolaire à la racine

Question préalable, quelle est la racine, la cause de l’échec scolaire ? Aucune analyse n’est proposée, aussi on essaiera de déterminer la vison du PS à ce sujet a travers les propositions émises.

         23-La scolarisation obligatoire des 3 ans et le service public à la petite enfance

La cause de l’échec scolaire réside pour le PS dans la structure de l’enseignement dans les classes maternelles. Donc plutôt que de proposer une refonte des méthodes ou des programmes, on préfère abaisser l’age de la scolarité obligatoire. Rappelons que la scolarité en suisse est obligatoire à partir de 6 ans seulement et que le taux d’illettrisme et d’échec scolaire est moindre qu’en France.

La question de la langue parlée est elle aussi importante, mais aucune précision n’est apportée quant à la méthode ou aux moyens qui peuvent être mis a disposition en vue de l’accomplissement de cet objectif. De même, qu’est ce que maîtriser la « langue parlée » à la maternelle ? Certains enfants ont besoin de plus de temps, d’autres moins et il faudrait au moins s’entendre sur un niveau d’expression, en terme de structures grammaticales et de vocabulaire à dominer pour l’enfant. Tout ceci reste donc assez flou.

Quid du problème de l’illettrisme ? Si l’UDF en a fait l’un de ses chevaux de batailles, le PS semble ignorer ce problème tout comme celui des méthodes de lectures. La candidate socialiste estime donc que la cause de l’échec scolaire réside dans le fait de ne pas maîtriser la langue à la maternelle… C’est pour cela que 150 000 élevas sortent du système sans qualification, comme quoi, « Tout vient de l’enfance » !

L’idée de service public de la petite enfance est tout aussi floue. Quels en seront les missions, les domaines d’actions ? S’agira t’il d’un service éducatif ? De protection ? De garderie ? Les trois a la fois ? Et surtout quels personnels et quels moyens ? Se service sera t‘il rattaché a l’école ou se situera t’il en dehors ? On reste dans l’obscurité la plus complète qui caractérise la déclaration d’intention.

Si Le ps veut s attaquer à l’échec scolaire à la racine, il ne fait rien pour endiguer celui qui existe déjà. Il faudra donc attendre au moins 10 ans pour faire un premier bilan soit accepter en attendant de laisser 1 500 000 personnes sur le carreau.

Réaliser la promesse d’égalité scolaire

Que faut-il entendre par égalité scolaire ? S’agit-il de réaffirmer l’égalité des chances de tous à l’école, de promouvoir les formations manuelles et techniques au même rang que celles plus abstraites ou de chercher à niveler les performances par le milieu et ainsi se priver des élites de demain ? Encore une fois on doit faire face à une formule cabalistique que chacun est libre d’interpreter comme il le souhaite.

         24- Gratuité du soutient scolaire

Il s’agit là et il est important de le dire, d’une vraie bonne idée. Chacun devant pouvoir disposer des même chances à l’école, il est normal que l’éducation nationale propose des heures de soutient afin de proposer une alternative publique aux cours privés. Il reste néanmoins a savoir qui fera office de « répétiteur », s’agira t’il des mêmes professeurs ou d’étudiants ? Pas de précision là-dessus

         25- Les élèves par classe

Vouloir limiter le nombre d’élèves dans les petites classes est une bonne idée. Mais vouloir attribuer des dotations supplémentaires aux etablissements en fonction des élèves en difficulté est il bien nécessaire ? La cause de l’échec scolaire n’est pas que nos enfants manquent de cahiers. En revanche on peut inciter par ce biais certains établissements à laisser de coté certains élèves afin de conserver des subventions plus importantes. Peut être serait-il préférable d’approfondir la limitation du nombre d’élever par classe en l’étendant à toutes les écoles et dans toutes les classes de

la primaire. De

plus il eut été tout aussi judicieux d’élargir les mesures de soutient aux petites classes de façon a lutter contre l’échec scolaire a la racine.

        26- La révision de la carte scolaire

L’enjeu de cette proposition est de lutter contre la « ghettoïsation » de certains quartiers et notamment des banlieues en favorisant la mixité sociale par la mixité scolaire. Ainsi la révision de la carte scolaire doit permettre la création d’un réseau d’éducation prioritaire centré sur les élevas plutôt que des ZEP orientés autour des établissements.

Cette proposition pose deux problèmes. Qu’en est il dans un premier temps de cette révision de la carte scolaire ? Promise depuis bien longtemps par la candidate, elle n’en dit pas les modalités. S’agit il d’une réorganisation géographique des zones proposant un choix plus large au parents ou une suppression pure et simple au moins dans certaines zones ciblées ?

Dans un second temps on ne peut que s’interroger au sujet des REP. Est il question de faire disparaître les ZEP ? Rien non plus sur l’organisation, les moyens et les objectifs de ces réseaux. Tout ça reste très flou.

L’enjeu social est important mais ne semble pas prendre en compte la liberté des parents dans le choix de l’établissement. De fait, la réorganisation de la carte n’a pour but que de masquer le manque profond de mixité sociale dans nos villes. Le fossé entre les quartiers serait ainsi occulté par la mixité artificielle des écoles encore qu en faisant jouer la concurrence entre écoles par la suppression on ne fait que continuer de dresser « bons » et « mauvais » établissements les uns contre les autres. Cela ne fait que dénoter l’absence d’une vraie politique de la ville chez la candidate qui serait susceptible de résorber le fossé social. De plus, le REP, en se centrant sur l’élevé ne fera que le stigmatiser lui plutôt que son établissement. S’il vaut mieux sacrifier l’image des élèves a celle des écoles selon le PS, une telles politique ne peut que fragmenter les inégalités sans toutefois les résorber.

         27- Renforcer la présence des adultes

L’autorité semble faire défaut dans notre société aujourd’hui et notamment à l’école. L’idée est de la rétablir par le renforcement de la présence des adultes dans les écoles et même au sein des classes. Deux questions se posent.

De quels « adultes » parle t’on ? S’agit il d’emplois jeunes ? De surveillants ? De policiers ? De militaires ? De retraités ? De personnels sociaux ? Rien n’est précisé à ce sujet. Mais plus important, quid de la présence d’un deuxième adulte dans la classe ? Cela ne conduirait qu’à ôter au professeur la crédibilité qui lui reste devant ses élèves. Il s’agit là d’un « flicage » sans policiers qui ne saurait rendre aux professeurs la confiance qu’ils ont perdu.

         28- L’implantation de CPGE en banlieues

Il s’agit là d’une mesure absolument ridicule qui témoigne d’une profonde méconnaissance du système des CPGE. Il s’agit de classes spéciales préparant aux grandes écoles. Elles sélectionnent sur dossiers et non sur critères sociaux sans qu’il y ait aucune sectorisation. Les inégalités entre élèves face à la sélection sont le fruit d’une inégalité des moyens et non des talents. Aussi créer des classes en banlieues pour ces populations ne peut que les conduire a se cloître toujours un peu plus dans leurs quartiers ce qui est en contradiction avec la proposition précédente.

Aussi, s’il faut favoriser l’ouverture de nouvelles classes prépa, il faudrait veiller à le faire en partenariat avec les universités tout en veillant à développer en amont les aides et les soutiens aux étudiants de banlieues en vue de la présentation de leur candidature à ces classes. C’est là le meilleur moyens de relancer l’ascenseur social en banlieue tout en veillant aux impératifs d’équités entre les quartiers sans pour autant marquer ces étudiants au fer rouge.

         29- Les emplois parents

Question fondamentale, qu’est ce qu’un emploi parents ? Est-il question d’emplois pour les parents ou de développer des emplois autour du secteur parental ? La candidate lance ici un mot, une idée sans la définir, chacun met donc derrière ce qui lui plait. Quoi qu’il en soit, cette proposition s’attache à la restauration de l’autorité parentale via la création « d’écoles de parents ». Il est intéressant de voir qu’il est nécessaire de « refaire » l’éducation des parents ! Est-ce là une forme de procès larvé contre mai 1968 ? De fait cela ne peut que discrediter les parents plus que leur rendre service. Les renvoyer à l’école c’est tout bonnement les pousser a reconnaître une certaine forme «d’incompétence" devant leurs enfants. Quel respect peuvent-ils espérer après cela ?

Si une politique de fond est nécessaire, elle ne saurait prendre une forme aussi caricaturale et stigmatisant. S’il doit y avoir du soutient parental, il doit être personnalisé et rester informel.

Pour autant, bien au delà de ces questions pratiques se dessine un débat de fond que contourne le PS : comment les parents doivent-ils éduquer leurs enfants ? La question est sous jacente mais n’est pas abordée de front, de même que la critique des idées de mai 68.

         30- La loi de programmation des universités

Cette loi vise à restaurer la place et la qualité de l’enseignement supérieur en France. Ainsi elle prévoit une augmentation de la dépense par étudiant afin de l’établir à la moyenne de l’OCDE, tout en garantissant l’autonomie et le financement des universités par les Régions.

Il s’agit là du résultat d’un mauvais diagnostic, d’une observation biaisée du supérieur en France. Le problème de l’université est triple, elle manque de moyens, de crédibilité, de débouchés. Dés lors le moyen le plus certain et le plus efficace pour réformer ces enseignements seraient :

1)                         D’associer les universités avec les entreprises avant les régions. Le mécénat ne peut que permettre de faciliter le financement des facultés tout en favorisant les débouchés et la professionnalisation  par les stages.

2)                         De mettre en place une forme de sélection à l’entrée de l’université. La sélectivité à l’entrée est plus acceptable que l’écrémage sauvage par les examens et permettrait de réaliser des économies substantielles par étudiant en limitant ainsi des réorientations évitables

3)                         D’associer les CPGE et les grandes écoles aux universités afin de faciliter aux étudiants l’accès à des formations diversifiées tout en renforcent la crédibilité des établissements par la présence de ces pôles d’excellences.

4)                         De regrouper les université entre elles afin de développer la collaboration en matière de recherche, mais aussi en recherche appliquée par une connection plus grande avec les entreprises.

Sous couvert d’une politique aveugle des moyens, la candidate occulte ces 4 grands défis auxquels nos universités doivent faire face.

         31- Le service public d’orientation

C’est assez triste à dire mais de tels services existent déjà ! Pour autant il est important de développer ces services, l’orientation avant le début des études est fondamentale, le PS a raison de le préciser. Il est important de renseigner  sur les débouchés mais également sur les chances de réussite dans la filière sans une solide motivation. La sélection doit être assez souple pour ne pas écarter les étudiants les plus motivés qui n’auraient pas eu les résultats requis au préalable. Aussi, s’il faut penser orientation il est tout aussi important de penser réorientation et surtout dans les premiers cycles. Il y a là un vrai travail à faire.

         32- L’allocation autonome

Cette mesure est difficile à évaluer dans la mesure ou aucun chiffre n’est disponible. On ne sait pas de quoi il s’agit, aucun montant moyen n’est disponible. Il est certain qu’il y a une différence entre payer un coup a boire a la jeunesse en lui donnant 50 euros et lui permettre de se payer un logement.

Le fond de la question n’est pas là. Cette mesure vise à retenir les étudiants le plus longtemps hors du marché du travail pour juguler le chômage en cas de faible croissance. Aussi on accepte d’emblée de former des générations d’assistés sans aucune motivation au travail. Le trait est certes forcé mais il semblerait préférable de développer les bourses tout en les modulants sur le critère du mérite, voire de la progression de l’élevé ce qui constituerait une véritable incitation au travail sans pour autant retenir les étudiants à l’université.

         33- ???

C’est là une proposition à l’opacité héraclitéenne. De quoi s’agit-il ? Quel est l’objet de ce chantier ? Quel en est l’enjeu ? Quel est son lien avec les questions d’éducation ? La candidate propose de réfléchir à la cohésion et l’insertion sociale… mesure assez intéressante…Est-ce là une façon comme une autre de dire que le PS va prolonger l’action de Borloo ?  La proposition est trop lacunaire pour pouvoir faire l’objet d’un commentaire de fond.

         34- Soutenir la création

Une fois de plus, nous voilà face à une déclaration d’intention. Il s’agit de la simple promesse de soutenir une politique culturelle. Rien n’est précisé sur la nature de ce soutien à l’emploi culturel, sur les types de contrats ou de manifestations. Cela revient au même que de se déclarer en faveur de la paix dans le monde, ce n’est pas une vraie proposition.

         35- Le développement de l’enseignement artistique

Il est vrai que nous sommes en manque de créatif, que le pays accuse un déficit artistique terrifiant. Alors que l’analphabétisme se pose chaque jour comme un enjeu de fond, que les filières scientifiques ou le pays excelle sont délaissées, madame Royal nous propose d’apprendre à jouer de la flûte.

Bien que ce ne soit pas la question la plus prioritaire qui soit, le partenariat Régional est ici un choix judicieux tant pour l’entretiens des équipements et des locaux que pour le recrutement des personnels. On ne peut d’ailleurs que s’étonner de voir à quel point le PS semble soulagé de trouver un emploi aux intermittents et aux étudiants.

         Si l’école doit revenir à ses fondamentaux, retrouver son autorité, et relancer la mobilité sociale, il faudra bien plus que les mesures annoncés par madame Royal. En effet, là ou elle ne conduit pas au discrédit de facto de l’autorité et des parents et des enseignants, elle ne semble pas prendre la mesure des réformes structurelles nécessaire au développement d’un enseignement de qualité dans le pays.

         L’égalité scolaire s’apparente plus derrière le remaniement de la carte scolaire à la stigmatisation des élevés en difficulté qui de toute manière auront le temps de prendre acte de leur condition dans la mesure où ils seront tenus le  plus longtemps possible en dehors du marché du travail. Le PS ne fait aucun diagnostic des causes de l’échec scolaire et ne s’attaque qu’à ses symptômes et encore de façon partielle.

         Enfin aucune réforme de fond, ni des programmes, ni des structures n’est annoncée. La politique des moyens semble l’emporter sur le redéploiement des ressources notamment à l’échelon universitaire qui reste isolé des entreprises et de

la recherche. Si

l’Etat ne peut pas tout faire, il est certain qu’il ne fait pas non plus de miracles.

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