27 mars 2007
Titre V du "Contre-Pacte Présidentiel"
Titre V : La présidente de la lutte contre toutes les formes de violences
Le constat de la candidate est simple. La violence se fait chaque jour un peu plus pesante, la société se radicalise, d’où le sentiment prolongé d’insécurité ressenti par un nombre certain d’habitant. Cette violence est multiple et se manifeste sous plusieurs formes, routière, morale, domestique, scolaire, sportive, raciale, professionnelle, elle envahit toute les strates de la société et tous les aspects de la vie.
Si la description est juste on ne peut que relever le manque d’analyse : il n’y a pas d’interrogations sur les causes, sur l’origine de cette violence. Le PS dénonce des violences, lance un débat mais ne prend pas le temps d’y répondre. En revanche il est assez intéressant de voir qu’il en profite pour attaquer le gouvernement… paradoxal non ?
La banalisation de la violence n’est pourtant pas nouvelle. Si elle semble s’accentuer, cela fait bien plus de 5 ans qu’elle s’est imposée comme l’un des problèmes les plus aigus de notre société. N’oublions pas que c’est principalement sur cette question que le gouvernement Jospin avait échoué, il y a donc de quoi se réjouir en voyant que le PS a décidé de se réveiller et de s’emparer de la question.
Face à ces phénomènes, à défaut d’en proposer une analyse globale, Madame Royal propose deux grands types de solutions : La police de proximité ainsi que la généralisation de peines alternatives a visée éducative. Pourtant, si la société se radicalise, il apparaîtra peut être plus profitable, avant de se lancer dans les sophistications pénales et policières de prendre le temps de réfléchir à ce que représentent ces nouvelles formes de violences au sein de nos sociétés.
50- Rétablir la civilité
Rappelons peut être ce qu’est la civilité. On
-Apprendre aux enfants a régler leurs conflits par le dialogue plutôt que par la violence
-La sécurisation des transports par l’augmentation des personnels et des équipements (soit des caméras et des policiers)
-La nomination de gardiens pour les bâtiments sociaux
Ces mesures, lorsqu’elles ne reprennent pas ce qui a déjà été fait se révèlent être assez lacunaires. En effet, c’est aussi avec les parents que s’apprend la civilité, et cette dernière ne se limite pas à la simple gestion des conflits mais dans son rapport le plus intime avec autrui. Or rien n’est proposé pour réhabiliter le vivre ensemble. Au contraire, le PS ne s’attaque qu’aux manifestations parcellaires d’un phénomène aux formes multiples sans avoir pris la peine d’en définir le diagnostic précis. Aucune mesure d’associations des parents, pas de remaniement du cours d’éducation civique ni de campagne de sensibilisation. Quant au deux autres mesures, elles s’inspirent de fait de ce qui est fait par le gouvernement.
51- Renforcer la présence des adultes à l’école
Il s’agit là d’une mesure proposée dans un titre précèdent. Si elle semble donc tenir du remplissage plutôt que de la mesure de fond, elle à le mérite d’éclaircir certains points sujets a interrogations dans le titre précèdent. En effet, les adultes en questions sont des surveillants et non des répétiteurs, des emplois jeunes ou autres. On reverra également l’idée du surveillant dans la salle de classe pendant le cours. Nous sommes ici face à une lutte contre les manifestations de la violence mais pas pour la restauration de l’autorité du professeur ou de l’adulte en lui-même. En effet, quid des personnels sociaux ? Quelle est l’utilité de l assistante sociale contre la violence des élèves ? Si l’on opte pour des mesures sans constat analytique préalable, quel intérêt ? Faut il penser ici que le PS diagnostique la violence comme relative a une situation sociale ou plutôt comme un phénomène culturel ?
52- Agir contre les mineurs violents.
Cette proposition regroupe 4 grandes mesures. Premièrement, une politique de prévention et d’encadrement éducatif organisé par des tuteurs. On est d’emblée dans le flicage et pas dans l’éducation préconisée par le PS encore que le rôle de ces tuteurs reste flou et cet encadrement bien mal défini en termes de moyens et d’organisation. Cette opacité dans l’annonce s’avère être une technique classique de la candidate.
Dans un second temps, elle insiste sur le renforcement des brigades pour mineurs dans les commissariats de zones urbaines sensibles. C’est une bonne idée mais il aurait fallu approfondir le lien avec les autres brigades et avec la fameuse police de proximité qu’elle souhaite réinstaurer.
Suite à cela, elle appelle à des sanctions plus fermes et plus rapides. C’est là une déclaration d’intention (encore et toujours). Il n’y a rien sur les procédures à suivre si ce n’est la promesse d’un plan d’urgence, l’élection étant la condition de la réflexion.
Enfin et c’est le point le plus polémique de la proposition, elle veut extraire les mineurs de la délinquance via le développement de peines alternatives, soit par l’impossibilité d’envoyer un mineur en prison sauf en cas d’agression. S’il faut veiller a lutter contre la délinquance il ne faut pas non plus chercher à déresponsabiliser les mineurs violents. La peur du gendarme n’est plus forcement suffisante face à la délinquance d’aujourd’hui qui est de plus en plus violente. En outre, la question de l’internement en centre fermé ne règle pas la question de la délinquance. Qu la formation. Il
53- La loi cadre contre la violence domestique
La violence domestique se présente chaque jour un peu plus comme la résurgence la plus brutale et la plus archaïque de la domination de l’homme sur sa famille. S’il faut bien sur veiller à lutter contre ce phénomène, la candidate ne détaille pas le contenu de sa loi, précisant juste qu’elle visera tous les points de la question. C
La référence a la ley integral contra la violencia de genero votée des 2003 par le gouvernement espagnol est si flagrante que le fait de ne pas la mentionner s’apparente presque a une tentative de plagiat.
54- La police de proximité
Cette réforme de la police s’articule autour de trois grandes mesures. La première vise a la remise en place de la police de proximité crée sous le précédant gouvernement socialiste et dissoute dés 2002. Si les candidats sont tous d accord sur la reformation de la police de proximité, n’oublions pas qu’en 2002, Jospin ayant échoué sur le dossier de l’insécurité, il semblait logique de chercher à traiter le problème d’une autre manière. La seconde vise au redéploiement des effectifs policiers dans les zones sensibles, la dernière à concentrer les effectifs les plus expérimentés dans les zones les plus sensibles contre des avantages professionnels. Si ces deux mesures sont des idées réalistes et pragmatiques, elles sont déjà mises en partie en œuvre par le gouvernement.
55- L’aide aux victimes
S’il convient de vouloir briser la loi du silence, il faut prendre garde au risque de victimisation. Aussi, autant le détachement de personnels sociaux au sein des commissariats s’avère nécessaire, la possibilité de porter plainte sur Internet est une idée dangereuse. La plainte n’est pas un acte anodin ou gratuit réalisable au bout du clavier, elle implique une certaine responsabilité, aussi, s’il faut veiller a en faciliter les modalités, il ne faut pas la banaliser, cela ne rendrait pas service aux victimes. Aussi, à ce sujet, plutôt que de mettre un avocat à disposition après la plainte, cette dernière devrait être préparée à l’aide de conseillers juridiques attachés aux commissariats. Cela permettrait de respecter les impératifs d’accueil, de responsabilisation et d’efficacité des services.
56- Doubler le budget de la justice
La justice française est pauvre, elle manque de moyens c’est un fait. Aussi on ne peut qu’accueillir avec beaucoup de satisfaction cette proposition. Néanmoins elle ne creuse pas suffisamment son sujet. En effet, si le déficit en moyens est énorme, la machine juridique mériterait aussi une bonne révision tant elle accuse un nombre certains d’archaïsmes qui ralentissent son action et contribuent a son discrédit. Aussi, plus qu’une politique des moyens, c’est d’abord d’une refonte structurelle et procédurale dont la justice a besoin si elle veut gagner en rapidité et en efficacité. Le PS occulte les débats de fonds sur la réforme de la justice suite à l’affaire d’Outreau. Pas de réforme de la magistrature ni de bilan d’aucune sorte. Malheureusement il ne suffit pas d’acheter des chaises pour rendre justice.
57- L’accès des plus modestes a la justice
Si la Justice est un droit pour tous elle n’est pas gratuite. Il est donc nécessaire que l’Etat veille à favoriser l’accès de tous aux services juridiques fondamentaux. Trois mesures sont proposées. Les deux premières, le renforcement de l’aide juridictionnelle et des maisons du droit sont rattachables à la proposition précédente, il s’agit des moyens et des instruments de la justice. Quant
58- Protéger les citoyens
Le problème abordé ici est celui de la gestion de la détention et du respect des droits des détenus. Aussi, si elle rappelle l’impératif de la présence de l’avocat et du respect des délais pour la garde a vue de manière à stigmatiser la police sous le signe de l’arbitraire, elle évite soigneusement de s’aventurer sur le terrain des questions carcérales.
Le PS évite la question des moyens à allouer aux prisons pour mettre l’accent sur les peines alternatives. Il est sur que la promesse de la construction d’une prison n’est pas politiquement très payante, pour autant elle est nécessaire en vue de « protéger les citoyens » et cela des deux cotés des barreaux. Aussi, cette proposition dresse en contrechamp le portait de la prison comme règne du non droit, comme un bagne ferment de la récidive. Elle
La violence se répand dans la société sous des formes multiples. Derrière cette diversité malsaine se dessine un phénomène culturel de fond qui se double d’une situation sociale favorisant les explosions de violence. Les mesures proposées ici ne font que s’attaquer à des points partiels des diverses formes du problème et cela pour une raison simple : le PS n’a pas pris le temps de réfléchir à ce que cette violence signifie aujourd’hui.
La nature profonde de ces phénomènes reste floue. Fait tantôt culturel, tantôt social, la candidate pense traiter la question par une politique des moyens sans vision, sans penser en termes de structures, de dynamiques. Elle ne fera ainsi que gaspiller l’argent de la république sans résoudre aucun problème.
Madame Royal instrumentalise de ait la question de la violence. Autant
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